La vitamine D: une question de gènes

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La vitamine D: un sujet toujours d’actualité… Personne ne semble s’entendre si oui ou non on devrait supplémenter! Chose certaine, la vitamine D joue un rôle beaucoup plus important sur la santé qu’on le croyait auparavant. Cette vitamine serait déterminante dans la santé de notre immunité, donc la prévention des infections. Et avec l’âge, ou avec la diminution des sorties extérieures, le manque de vitamine D devient plus probable. Mais sommes-nous tous égaux dans notre prédisposition à la carence en vitamine D? De nouvelles recherches du domaine de la nutrigénomique suggèrent que non.

La vitamine D et les gènes

La vitamine D, ainsi que le calcium, sont des nutriments essentiels pour la santé des os. La vitamine D est indispensable pour l’assimilation du calcium et contribue aux fonctions cellulaires du corps. La vitamine D est synthétisée au niveau de la peau sous l’action des rayons UVB ou peut être apportée par l’alimentation. Une carence en vitamine D peut avoir pour conséquence des faiblesses musculaires, des os fragiles et un déficit immunitaire. Une carence en vitamine D à vie est aussi associée avec un déficit cognitif, un risque de maladies auto-immunes, cardio-vasculaires et neurodégénératives. Toutefois, nous ne sommes pas tous égaux dans nos risques de carences… Des découvertes scientifiques (1) (2) démontrent que le risque de carence dépend de votre nutrigénétique, plus précisément si vous possédez ou non les variations du gène appelés CYP2R1 et GC.

Pourquoi les gènes CYP2R1 & GC sont-ils impliqués dans l’absorption de la vitamine D?

Le gène CYP2R1 produit l’enzyme 25-hydroxylase stimule la production de la forme active de la vitamine D à partir de son précurseur. Le gène GC intervient à une autre étape du métabolisme. Il produit la protéine de liaison de la vitamine D qui se fixe à la protéine et la transporte aux tissus. Ces deux gènes sont donc impliqués. Un lien a été établi entre des variant de ces gènes et l’augmentation du risque de faible concentration sanguine en vitamine D.

Sources de vitamine D, le poisson: le grand gagnant

Voici un tableau de sources de vitamine D alimentaires qui démontre qu’il n’est pas si facile de combler nos besoins par l’alimentation seule, surtout pas si on déteste ou est allergique aux poissons…

Sources alimentaires de vitamine D Cible : entre 600-1000 IU (15-25 mcg) /jr selon le groupe d’âgeQuantité (IU)
75 g de saumon rouge680
75 g de poisson blanc448
½ cannette de sardines, en conserve à l’huile254
75 g de truite arc-en-ciel192
40 g de saumon fumé168
75 g de flétan144
1 tasse de boisson de soya enrichie124
75 g d’omble chevalier112
1 tasse de lait104
½ tasse de jus d’orange, enrichi de vitamine D50

Source: Valeur nutritive de quelques aliments usuels (Santé Canada)

Votre risque de carence: typique ou élevé?

Si vous possédez les génotypes, AA pour le gène CYP2R1 et les génotypes GT ou TT pour le gène GC, le risque de carence en vitamine D n’est pas accru pour vous. Il peut être toutefois être difficile d’obtenir un apport suffisant en vitamine D et certains facteurs individuels non génétiques peuvent augmenter vos besoins. Entre autres, la latitude ou vous résidez, la couleur de votre peau etc, votre âge, etc.

Si vous possédez le variant GG ou GA de CYP2R1 et/ou le variant GG du gène GC, le risque de carence en vitamine D est accru. Même suivre le guide alimentaire Canadien n’est pas une garantie de combler vos apports, surtout en hiver. Les personnes qui ont des intolérances ou allergies aux produits laitiers sont particulièrement à risque toute l’année. Puisque la vitamine D et essentielle au métabolisme du calcium et que le calcium ce n’est pas seulement pour les os mais également pour la fonction cognitive, musculaire et immunitaire et la santé cardiovasculaire, consommer suffisamment de vitamine D est très important pour vous. La supplémentation peut être indiquée pour vous.

On peut diagnostiquer une carence en vitamine D en mesurant les taux sanguins de 25-hydroxy vitamine D et en cas de doute, c’est ce qui est suggéré. En fait, les taux de sanguins de vitamine D abaissés ne sont pas rares chez les canadiens! Ce qui laisserait présager que les apports recommandés de référence sont insuffisantes. Par contre, il vaut mieux éviter la surdose autant que la déficience. Tout est question d’équilibre! Avant de passer à l’automédication, demandez à votre médecin de vérifier si oui ou non il y a carence. Si tel est le cas, vous auriez avantage à vérifier par la suite par un test nutrigénomique si votre profil génétique vous prédispose. Ceci vous éclairera sur le besoin d’une supplémentation ou pas.

Chose certaine, plus la science avance, plus on découvre que l’alimentation ‘’one size fits all’’ n’existe pas, et que pour être en santé, on gagne à se connaître!

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(1) Slater NA et al. Genetic Variation in CYP2R1 and GC Genes Associated With Vitamin D Deficiency Status. Journal of Pharmacy Practice. 2015:1-6.

(2)Wang TJ et al. Common genetic determinants of vitamin D insufficiency: a genome-wide association study. Lancet. 2010;376:180-88.