La nutrition du nourrisson à la petite enfance

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Article rédigé par Catherine Gravel

Nos premières années de vie influencent grandement nos habitudes de vie à l’âge adulte. D’abord, le tout commence par le choix du lait donné au nourrisson : le lait maternel ou encore les préparations commerciales pour nourrissons. Par la suite, le tout est influencé par les personnes de notre entourage et notre environnement.

Les nourrissons 

La croissance et le développement sont immenses durant les deux premières années de vies. Seulement durant la première année de vie, le nourrisson va tripler son poids. Les besoins énergétiques des nourrissons sont élevés, étant donné les nombreux changements physiologiques qu’ils subissent durant cette période. L’aliment de base pour le bébé de moins de 6 mois est le lait maternel (par l’allaitement ou le lait humain pasteurisé) ou encore les préparations commerciales pour nourrissons. 

L’allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de vie est la méthode d’alimentation la plus recommandée. Le lait maternel contient divers facteurs de protection comme des anticorps, des probiotiques, de la lactoferrine, des facteurs de croissance et des enzymes comme la lipase et l’amylase.  

Le lait humain pasteurisé provient de donneuses. Le lait est pasteurisé et analysé pour assurer l’innocuité du lait et s’assurer des valeurs nutritionnelles adaptées aux prématurés qui nécessitent des soins en milieu hospitalier. Au Québec c’est Héma-Québec qui s’occupe de la gestion de la Banque Publique de lait maternel du Québec. Le lait est particulièrement utilisé dans le cas des bébés prématurés de 32 semaines, les nouveau-nés hospitalisés ou encore les lorsque la mère ne peut pas allaiter. Il est possible de s’inscrire à la liste des donneuses si le bébé est âgé de plus de 8 mois. Il y a également d’autres critères à respecter. Il est possible de trouver l’information sur le site d’Héma-Québec.  

Les préparations commerciales standards pour nourrissons sont faites à base de protéines de lait de vache, avec ou sans lactose. La majorité des préparations sont enrichies en fer. Il existe également d’autres types de préparations commerciales, dont celles à base de protéines soyas. Ce type de produit est conseillé pour les bébés qui souffrent de galactosémie, de déficience congénitale en lactase ou qui sont simplement végétaliens.

Le lait de vache ou encore celui d’autres animaux n’est pas considéré comme un substitut adéquat pour le lait maternel ou encore les préparations commerciales pour nourrissons durant la première année de vie. Cela s’applique également aux boissons végétales même si celles-ci sont enrichies. Seulement à partir de l’âge de 9 mois, l’enfant peut consommer du lait de vache entier dans son alimentation. On recommande toutefois d’attendre à l’âge de 2 ans avant d’introduire le lait 2% à l’alimentation du petit.

L’introduction des aliments se fait graduellement à partir de l’âge de 6 mois et il est important de porter attention lorsque l’enfant mange. Les aliments durs, petits et ronds, lisses et collants peuvent facilement obstruer les voies respiratoires des petits. De plus, il est fortement conseillé d’enlever les os de la viande, les arêtes de poisson ainsi que les noyaux et pépins des fruits.

Il est primordial de ne jamais donner de miel, même pasteurisé, à un enfant de moins d’un an, que ce soit dans des plats cuisinés ou nature, en raison du risque de botulisme infantile associés à cet aliment.

L’introduction des aliments se fait vers 6 mois à l’aide de purées. Avant cet âge l’enfant n’est pas prêt physiologiquement à recevoir des aliments, car il ne produit pas assez de salives, ne possède pas assez d’enzymes pour digérer les aliments et les reins ne peuvent pas tolérer une trop grande quantité de protéines. De plus leur système immunitaire n’est pas encore mature ce qui augmente le risque de développer des allergies alimentaires. Les premiers aliments doivent être riches en fer. 

Voici tous les signes que l’enfant doit avoir même s’il a 6 mois pour s’assurer que l’enfant est prêt à recevoir ces premiers aliments : 

  • Seuls, le lait maternel ou les préparations maternelles, ne sont plus suffisants pour combler l’appétit de bébés ;
  • Il est capable de rester assis sans aide et de se pencher vers l’avant ;
  • Il est capable d’apporter des aliments ou des objets à sa bouche et il essaie de les mâcher et de les repousser s’il le désire pour, par exemple, montrer qu’il n’a plus faim ;
  • Il soutient et contrôle sa tête ;
  • Il démontre un intérêt envers la nourriture. 

Les enfants

Durant la période de l’enfance, les enfants développent leurs goûts et leurs préférences envers les aliments. Ils adoptent graduellement certaines habitudes qui vont définir la base de leur régime alimentaire à l’âge adulte. En proportion à leur taille, les besoins nutritionnels des enfants sont supérieurs à ceux des adultes. L’enfant peut souffrir de malnutrition si celui-ci a peu d’appétit sur une longue période, s’il a une alimentation à trop faible densité nutritionnelle ou encore s’il est malade pendant une longue période.

Il est normal pour un enfant d’avoir un appétit qui semble insatiable et à d’autres moments qu’il a un appétit d’oiseaux. En effet, l’appétit d’un enfant varie beaucoup d’un repas à l’autre. Leur apport quotidien total reste assez constant dans le temps malgré tout. Ils ont ainsi tendance à manger moins à un repas et davantage à un autre dans cette situation.

Il est important d’avoir une relation positive avec l’alimentation et où l’enfant et le parent ont une responsabilité partagée. En effet, une ambiance agréable et exempte de tensions est idéale lors des repas afin de favoriser les bonnes habitudes alimentaires chez l’enfant. La patience, le calme et le positivisme sont les meilleures attitudes à adopter à table afin de permettre à l’enfant d’associer l’heure du repas à de bonnes émotions. Il est aussi à noter qu’il est primordial pour le parent d’être un bon exemple quant aux habitudes, choix et pratiques alimentaires, étant donné que l’enfant apprend principalement par observation. Le parent a la responsabilité de fournir des aliments sains, nutritifs et adaptés au développement de son enfant, en évitant de mettre sur un piédestal les aliments à faible valeur nutritive, notamment en valorisant le dessert, par exemple. Il doit également laisser à l’enfant le choix de manger ou non un aliment et également en quelle quantité. De vouloir persuader ou obliger un enfant à essayer de nouveaux aliments risque de mal le disposer à la découverte de nouveaux aliments, qu’il pourrait lui-même avoir choisi dans d’autres conditions. Ainsi, il est important d’impliquer et de soutenir l’enfant dans sa découverte alimentaire, tout en assurant le climat le plus agréable possible.

De plus, il est déconseillé de manger les repas, même pour les adultes, devant la télévision, car cela implique souvent de manger plus rapidement et ne pas percevoir nos signaux de satiété. 

En conclusion, il est important de se souvenir que chaque personne est différente. Le tout exercera une influence sur nos habitudes à l’âge adulte. C’est pour cette raison que des outils sont données aux parents, comme le site naître et grandir ou encore la page Mieux vivre avec votre enfant de la grossesse à 2 ans de l’INSPQ, qui contient une panoplie de ressources pour l’entourage des enfants, tout particulièrement pour les parents.

Bibliographie

Bélanger M., LeBlanc M.-J., et Mercille G. . (2021). La nutrition (5e édition). Chenelière Éducation.

Naître et grandir. (s.d.). L’introduction aux aliments complémentaireshttps://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/alimentation/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-bebe-introduction-aliment-solide-complementaire

Héma-Québec. (s.d). Lait maternelhttps://www.hema-quebec.qc.ca/lait-maternel/donneuses-lait/banque-publique-lait-maternel.fr.html