COVID-19: Etiez-vous prêts?

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La pandémie COVID-19 a créé un état d’urgence mondial. Des rayons dévastés, des cadis bombés, des bousculades, des étalages vides et des queues interminables aux caisses… Telle a été la situation dans les commerces alimentaires ces dernières semaines.

  « Dis-moi ce que tu manges je te dirai ce que tu es ».

Jean Anthelme Brillat-Savarin

Plus de pâtes, plus de rouleaux de papier-toilette, plus de surgelés, notre vie s’apparenterait presque à un épisode post-apocalyptique de la série The Walking Dead

Le confinement a bouleversé notre quotidien et en premier lieu notre routine alimentaire. La peur de ne plus « manger à sa faim » s’est emparée de la population. Nous nous sommes tous lancés avec frénésie et parfois même avec hystérie dans les supermarchés.

Réaction à la pandémie: chacun pour soi ou mouvement de solidarité?

Cette surconsommation soudaine était-elle vraiment nécessaire? Les gens se sont-ils rués sur les bonnes denrées? Pouvons-nous voir dans cette crise, une occasion  de repenser notre façon de nous alimenter? Comment cette pandémie révèle-t-elle l’état nutritionnel de la population? Enfin, cette catastrophe n’est-elle pas une opportunité pour nous tourner vers un monde plus solidaire et plus respectueux ?

« Des pâtes, des oeufs, des surgelés et du papier cul », voilà les rayons qui étaient dévastés lors de mon dernier passage dans le supermarché de ma ville. En l’espace d’une semaine, ces rayons se sont littéralement vidés. Les clients ressortaient du magasin avec parfois deux ou trois cadis plein à ras bord.

L’annonce du confinement a provoqué un véritable vent de panique. Ce sont les produits avec une date limite de consommation longue qui ont été très prisés. Ainsi, on retrouve des aliments à base de blé (pâtes, semoule), le pain, le lait pasteurisé, les oeufs, les plats préparés, les surgelés en tout genre.

Ce qu’il fallait vraiment acheter: revoir ses priorités

Avec une quarantaine nous sommes forcés de privilégier des denrées facilement conservables. Il serait donc judicieux de tenter de varier ces sources nutritionnelles afin de pourvoir à notre équilibre physiologique.

Il faut donc diversifier son alimentation et ne pas manger qu’un seul type de féculent, ni même un seul type de céréale. Les légumes secs tels que les pois-chiches, les lentilles, les pois-cassés, les haricots (blancs et rouges) ou des céréales comme le millet, le boulgour et le quinoa, peuvent venir enrichir les menus. Ce sont d’excellentes sources énergétiques car ils comportent une forte teneur en glucides complexes. Mais ils ont aussi une teneur importante en protéines végétales, ce qui permet de varier les apports en protéines au cours du repas. Ils sont également source de fibres et de fer.

De même que consommer des fruits oléagineux, permet de couvrir les apports en lipides quotidiens recommandés. Or leurs étalages étaient encore bien garnis, ils n’étaient pas dévastés comme ceux des pâtes. Nous pouvons nous poser la question suivante; notre alimentation ne manque-t-elle pas de diversité? Il y avait effectivement d’autres rayons très intéressants et qui ont pourtant été laissé pour compte.

Leur consommation permet d’apporter des nutriments que d’autres n’apporteraient pas, varier les saveurs, les textures, les recettes et enfin tout simplement partager les ressources disponibles.

Le répit de la quarantaine: une opportunité?

Cette crise n’est-elle pas une formidable occasion pour repenser nos habitudes alimentaires et notre façon de consommer?

C’est en effet le moment idéal de faire le tri entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Prendre le temps de se concocter de bons petits plats, expérimenter des recettes, cuisiner des aliments atypiques et surtout se redonner envie de manger. S’octroyer le temps de savourer les aliments, apprécier les saveurs, les textures, et marier les couleurs dans l’assiette.

Mais le repas c’est aussi un moment de convivialité. C’est l’occasion de partager un  délicieux moment en famille. Cuisiner et déguster les plats en famille sont des moments clés de la journée. Les repas permettent d’entretenir les liens de commensalité. Ce qui peut réellement manquer aux personnes seules en cette période de distantiation sociale.

Néanmoins. l’aspect positif de cette quarantaine, c’est d’avoir le temps de réaliser et de déguster nos préparations. Ne pas engloutir son repas en 15 min parce qu’après nous reprenons une  activité salariale…Maintenant nous avons tout simplement plus de disponibilité. Or c’est une notion qui manque cruellement à nos quotidiens routiniers. 

Désormais nous avons tout le loisir de reconnecter le corps et l’esprit. Pourquoi ne pas expérimenter de nouvelles voies alimentaires, comme l’introduction de menus végétariens par-ci par-là. L’alimentation est l’outil clé de notre organisme. En réfléchissant à tout cela, nous réfléchissons à comment optimiser notre santé.

Enfin cette crise ne serait-elle une invitation à un monde meilleur? Dans chaque situation difficile, il est bon de tirer des réflexions positives. Cette pandémie nous a explicitement montré l’importance de l’alimentation dans notre société. Les dérèglements engendrés en période de crise ont systématiquement des répercussions sur notre quotidien alimentaire.

Anxiété, stress et COVID-19: Manger plus pour se distraire, vous connaissez?

La nourriture comme « doudou émotionnel », un phénomène auquel le confinement nous a tous contraint. Une des difficultés du confinement est de ne pas se « jeter sur le frigo ». L’anxiété, l’ennui ou encore le bouleversement du rythme journalier, influent sur la sensation de faim. Ainsi, beaucoup de gens ne parviennent pas à canaliser leurs envies de grignotage.

Effectivement la sensation de faim a également un revers psychologique. Nous ne mangeons pas nécessairement pour répondre à un besoin physiologique mais pour répondre aux appels de notre cerveau. Il nous faut donc apprendre à écouter notre corps et identifier les différentes sensations de faim.

On peut trouver de nombreuses solutions pour inhiber ce problème, mais le premier et le plus décisif serait d’avoir les bons aliments à portée de main dans nos placards. L’idée de se constituer des petits encas dans la journée est très bonne, mais faut-il encore manger les bons aliments. Lorsqu’on fait nos courses, il faut essayer d’acheter le moins de « cochonneries » possible. Cela permettra de minimaliser vos grignotages.

Préférons les achats de fruits (même surgelés), de graines ou de fromage, plutôt que de Mars ou de M&M’S. Le choix de nos aliments durant les courses déterminera notre comportement alimentaire et ce que nous aurons à disposition dans nos armoires.

Par ailleurs on peut très bien fractionner les repas, en instaurant des petites collations durant la journée. Mais là aussi, l’intérêt sera de constituer des encas « intelligents ».

De plus, il faut parvenir à trouver un rythme journalier et se trouver des activités. A savoir ne pas manger de façon décousue et respecter des horaires de vie correct. En effet, plus longtemps nous restons éveillés le soir et plus nous avons tendance à aller farfouiller dans le frigo.

Il faut également trouver des occupations pendant la journée afin de ne pas se focaliser là-dessus. La lecture, les jeux de société, le jardinage, les « home training » ou encore le ménage sont autant d’activités pour s’occuper l’esprit. C’est aussi l’occasion d’avoir une petite activité physique et de se dépenser un peu.

Et si l’épidémie de Coronavirus nous forçait à revoir nos pratiques de consommation?

Avant tout, prenons conscience que nous ne faisons pas toujours les bons choix alimentaires pour nous, la société et l’environnement. Parfois nous mangeons mal, trop, et nous gaspillons. Dans un monde où beaucoup ne mangent pas à leur fin, il est bon de faire preuve de solidarité. Privilégier la qualité de ce que nous ingurgitons et non la quantité. Nous ne devons pas oublier les plus démunis et nous montrer solidaires.

L’ épidémie du Coronavirus a également souligné l’importance du problème de la consommation excessive d’animaux sauvages et les grands dangers cachés pour la santé et la sécurité publiques. Cette pandémie nous rappelle combien les dangers sanitaires liés à l’alimentation sont omniprésents et dévastateurs. Les aliments carnés ne se sont pas sans risques. Un certain nombre de problèmes infectieux trouvent leur origine dans les maladies animales.

A la suite de ces évènements la Chine a suspendu le commerce et la consommation d’animaux sauvages. C’est certes une bonne chose pour le monde animal, mais il reste à voir la mise en application. Néanmoins des petits pas pour préserver les animaux sont aujourd’hui réalisés.

En espérant que tout cela soit un tremplin vers des mesures de plus grande ampleur. Trop d’animaux sauvages sont encore victimes de trafics alimentant le marché alimentaire. La corne de rhinocéros donne lieu à un véritable marché noir entre l’Afrique et l’Asie. Bien que totalement prohibée, sa consommation continue de perdurer. Il serait donc heureux de voir un véritable engagement contre ce type de commerce et contre ces marchés illégaux qui prolifèrent en sous-terrain.

Notre sécurité alimentaire: à ne pas prendre pour acquis

Morale de l’histoire, cette épreuve planétaire nous permet de tirer des leçons pour mieux nous préparer à une prochaine crise, peu importe sa nature: sécheresse, pannes électriques, catastrophes écologiques, tous ces phénomènes sont des réalités. Pouvons-nous mieux nous préparer?

Le webinaire NUT Talk de ce mois-ci, réalisé par l’équipe de Nutrition sans Frontières spécialement pour vous, propose des astuces toutes simples pour se préparer et survivre en état d’urgence.

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