Bien vivre malgré les intolérances alimentaires

0
602

Article par Marie-France Lalancette, nutritionniste, auteure du Livre Alimentation et Inflammation, aux Editions Le Dauphin Blanc

Tout le monde n’est pas atteint de maladie coeliaque ou de sensibilité non-coeliaque au gluten… Mais quand on l’est, on sait tout ce qu’on manque…Encore cette nuit, je rêvais que je me trouvais face à face avec une assiette de service remplie d’une montagne d’éclairs au chocolat, brillants, aguichants, irrésistibles! Des heures et des heures à rêver que je ne la quitte pas des yeux et me torture à me demander si je devrais y goûter et cette tentation semble interminable. Un vrai cauchemar. Et même dans mes rêves, je ne réussi jamais à goûter ces aliments que je dois éviter, par obligation et non par choix. Si au moins mes rêves pouvaient me permettre d’en profiter un tant soit peu, sans en ressentir la douleur associée…Mais il faut croire que mon inconscient est dompté. Il ne franchit pas la ligne. Il a trop souvent payé le prix. Je suis une vraie allergique, c’est ma réalité, et je ne peux pas y échapper alors autant l’accepter, et en dehors de mes rêves, c’est tout-à-fait accepté!

L’humain aime la routine

Contrairement à ce que les gens non-allergiques peuvent penser, il n’est pas si difficile que cela de s’habituer à une nouvelle façon de se nourrir. L’alimentation est une question de routine, et une fois que la routine est installée, celle-ci devient celle que notre corps souhaite voir se répéter. Et une fois qu’on a trouvé comment se faire des éclairs au chocolat sans gluten sans lait, on a plus à s’en passer!

Tout est une question d’attitude : on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide…Quand je vois quelqu’un manger sous mes yeux un aliment qui me tente, au lieu de dire :’Ah non, va manger ça ailleurs!’ Je me rappelle ce bon goût et cela me donne envie de découvrir comment je pourrais revivre l’expérience en utilisant mes ingrédients à moi.

Je suis une allergique qui s’assume, pas qui se résigne! Et il y a toute une différence, croyez-moi. Car il n’est pas question pour moi de faire le deuil des éclairs au chocolat! Et de plusieurs autres douceurs d’ailleurs. Je vois un aliment qui me tente? Je carbure au défi de reproduire sa variante que je tolérerai. Pas question d’être victime de mon intolérance alimentaire.

Une belle occasion de partir à la découverte de nouvelles saveurs

Quand des amis se trouvent en ma compagnie, c’est bien plus eux qui ont un malaise, car pour ma part j’accepte totalement ma condition et je suis heureuse qu’il n’en faille que d’une alimentation différente pour me procurer le bien-être et ce sont ceux qui doivent prendre des médicaments que je plains! Car un changement alimentaire est loin d’être une plaie! Depuis que j’ai dû me résoudre à me priver de toutes les bonnes choses que j’aimais avant, j’ai découvert toutes les bonnes choses que je ne connaissais pas avant. J’ai dû commencer à faire des choix pour moi, car avant mon diagnostic, je planifiais mon menu toujours en fonction des autres. Je ne savais même plus ce que j’aimais!

Que les autres se bourrent de baguette-fromage devant moi n’a aucune importance. J’apprécie chaque bouchée. Et ceci me permet également de comprendre exactement les défis que vivent mes clients quand je dois leur conseiller de se priver d’un certain groupe d’aliments pour vivre en meilleure santé.

Une alimentation plus intuitive

Comme nutritionniste, je suis appelée à conseiller des gens à manger tout ce que je ne peux pas manger. Je les encourage à manger aussi varié qu’ils le peuvent et je dévoile rarement mes propres allergies. Car manger, selon moi, devrait être empreint de liberté, et d’intuition. Chaque personne devrait s’écouter et pouvoir obtenir du soutien sans se sentir jugée. Car bien avant que les étiquettes existent, c’est tout de même ce que l’humain faisait…Prenez les animaux, ils sentent toutes sortes de choses, mais ils ne les avalent pas toutes pour autant! Prenez les enfants : on leur propose des épinards, ils ne les mangent pas pour autant! C’est écrit dans notre inconscient collectif, les épinards ont un haut taux d’oxalates que les bambins qui ont un foie moins mature métabolisent mal. Les épinards ne plaisent pas souvent aux enfants. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils n’en veulent pas, et finalement, c’est un refus qui fait plein de sens.

La connaissance de la nutrition c’est bien, et je ne doute pas de l’impact de l’alimentation sur notre capital de santé. Sinon je ne serais jamais devenue nutritionniste…En autant que cela ne nous empêche pas de faire des choix que nous ressentons comme adéquats. En devenant adulte, l’internet nous apprend à rationaliser tellement nos choix alimentaires qu’on en perd l’essentiel!

L’essentiel? C’est de profiter pleinement de notre alimentation. Pas celle du voisin, la nôtre. Pas celle du dernier livre à la mode, non. La nôtre! Celle qui nous fait sentir bien, et ce dans tous les sens, tant dans notre corps, notre tête que notre cœur.

Vous avez l’impression que votre alimentation est impliquée dans votre douleur ou symptômes? Vous avez fait les tests médicaux appropriés et tout semble normal? Faites le test de la vie grâce au mini-programme 2 semaines sans allergènes: faites le test! Levez enfin la confusion!