Maigrir avant le printemps ?

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Article par Marie-France Lalancette, nutritionniste

Avez vous fait des résolutions de l’année? Si vous êtes comme la plupart des femmes, il est très probable que votre résolution a un lien direct ou indirect avec votre poids. Le statistiques le démontrent: 80% des femmes veulent maigrir. L’idée de devoir porter un bikini ou de ne pas être capable d’en trouver un qui vous conviennent vous angoisse peut-etre, surtout au printemps, quand on sent l’approche de l’été. Plusieurs femmes sont prêtes à tout pour perdre un surplus de poids avant la saison estivale; Régimes aux protéines, alimentation liquide, soupe au chou, jeûne…Bref, beaucoup d’entres elles mettent en péril leur santé, sans en être conscientes, en suivant des conseils considérablement plus farfelus que scientifiques.

Les régimes miracles sont souvent très tentants puisqu’ils promettent l’obtention de résultats spectaculaires presque sans efforts. Toutefois, la pratique répétitive de ces régimes provoque ce qu’on appelle «l’effet yo-yo».

Ces régimes s’appuient généralement sur le même fondement; un grand déficit calorique mène à une grande perte de poids. À première vue le concept sonne bien, mais en le regardant de plus près on s’aperçoit qu’il cloche.

Je vous explique. Premièrement, lors d’une grande privation calorique, le corps réagit en diminuant sa dépense énergétique. Il économise son énergie et utilise le sucre, emmagasiné dans le foie et les muscles, comme source d’énergie compensatoire pour celle manquante. Or, chaque gramme de glycogène (nom donné à la réserve de sucre) retient trois grammes d’eau, ainsi pour une perte de cent grammes de glycogène s’en suit une perte de trois cent grammes d’eau. Une grande partie du poids perdu se trouve donc, en réalité, à être de l’eau.

De plus, sachez que lorsqu’on suit une diète hypocalorique, le corps transforme en sucre ces protéines corporelles, emmagasinées dans les muscles, pour subvenir aux besoins du cerveau qui carbure principalement aux glucides (sucres). Ceci entraîne une perte de masse musculaire ce qui est catastrophique lorsqu’on sait que les muscles influencent directement à la hausse le métabolisme de base ce qui nous assure de dépenser plus de calories au repos.

En bref, lorsqu’on suit un régime miracle, on perd rapidement sur la balance, mais malheureusement, la perte n’est pas constituée de gras, mais plutôt d’eau et de muscles, ce qu’on associe à un état de déshydratation et à un ralentissement du métabolisme de base.

Encore une fois, ce type de régime causant le ralentissement du métabolisme est contreproductif puisque dès la cessation du régime et sitôt le retour aux anciennes habitudes alimentaires, le corps emmagasine plus d’énergie puisqu’il en dépense moins qu’auparavant. Ainsi les kilos reviennent vite et malheureusement ils apparaissent à nouveau sous forme de gras et non de muscles. Il en va ainsi pour chaque régime entrepris. Les kilos s’additionnent de fois en fois et au bout du compte, le poids final est souvent plus élevé qu’avant le premier régime entamé.

C’est malheureusement trop souvent après avoir suivi une panoplie de régimes bidons que les gens viennent voir les nutritionnistes. Les gens qui décident de consulter une nutritionniste ont souvent tout essayé et essuyé de multiples échecs. Ils se rendent donc à l’évidence et décident d’entreprendre des changements quant à leur mode de vie.

Le secret est de modifier ses habitudes alimentaires jusqu’à ce que bien manger devienne facile. Dans le cadre d’une perte de poids saine, il faut viser environ 0,5 à 1 kg par semaine. Ce rythme n’est pas nuisible quand il s’accompagne d’une perte de graisse et non une perte de muscles.
En bref, si je n’ai qu’un conseil à donner, visez une perte de poids réaliste et soyez vigilants lorsqu’on vous promet une perte de poids qui semble trop belle pour être vraie.

Si vous souhaitez perdre du poids de manière saine, commencez par appliquer ces trois petits conseils :

1) Prenez le temps de déguster vos aliments, vous mangerez ainsi plus lentement et pourrez ressentir le signal de satiété que le corps vous envoi. Cessez de manger lorsque vous percevez ce signal.

2) Puisqu’on associe la diabolisation des aliments avec des excès, voir des rages alimentaires, ne vous interdisez aucun aliment. Ne mangez jamais un aliment en vous sentant coupable puisque vous ne l’apprécierez pas et aurez encore et encore envie d’en remanger. Servez-vous plutôt une portion raisonnable et prenez le temps de le savourer, vous serez beaucoup plus satisfait.

3) Finalement, prenez plaisir à perdre du poids. Une collègue m’a dit un jour : «lorsqu’on lit un livre on ne saute pas les pages pour aller lire la conclusion. Bien que la fin du livre soit la meilleure partie, on en apprécie chacune des pages.  La perte de poids est similaire. Il ne faut pas attendre la perte de poids finale pour se réjouir. Il faut apprécier chaque petite victoire, comme se sentir en meilleure forme, avoir plus d’énergie ou encore changer de taille de vêtement.»

En effet, la santé vient avant tout avec un mode de vie sain qui inclut une alimentation équilibrée ainsi que la pratique régulière d’activité physique et ne vient pas avec le désir d’atteindre à tout prix la minceur. Même que la maigreur est souvent associée à des problèmes de santé tels que la fatigue chronique, l’anémie, l’irrégularité menstruelle ou cardiaque, etc.

Sachez aussi que le poids santé peut différer d’une personne à une autre et est personnel à chacun. L’idéal consiste à viser un poids auquel nous nous sentons en forme, énergique et attirant physiquement sans comparatif aux mannequins qui représentent la silhouette naturelle de moins de 5% de la population!