Le virus Africanus?

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La première fois que je suis allée en Afrique pour y voir la réalité de mes propres yeux, j’obtenais trois types de réaction à l’annonce de mon départ: Soit j’allais attraper la malaria, soit j’étais mieux de me préparer à vivre le ‘racisme envers les blancs’, soit j’allais tout simplement y aller pour rien: Une goutte d’eau dans l’océan…la réaction la plus fréquente. Et bien, aucune de ces prédictions ne s’est réalisé. Au contraire: J’ai attrapé le  virus Africanus! A peine 8 mois après la première mission, il ne fut pas difficile de convaincre d’autres personnes voulant aider à la  cause, et Nutrition sans Frontières prenait son envol et avait accompli tellement que la goutte d’eau dans l’océan s’était convertie en à un raz-de-marée! Et ce sans racisme ni malaria!

Avec ardeur et persévérance, les volontaires  savent qu’ils et elles ont du pain sur la planche, mais ressentent déjà une énorme satisfaction en voyant tout ce que la solidarité peut changer à la qualité de vie des mères et des enfants des pays émergents. NSF change déjà la vie de milliers de personnes, directement ou indirectement, par ses actions et sa sensibilisation. Depuis 2018, plus de 500 jours de mission ont été réalisés. Et tout ceci avec les Fonds du Coeur, car NSF est une organisation basée sur l’entraide et le bénévolat.

Entre autres, les missions (et de nombreuses heures bénévoles entre les missions!) ont servi à transférer des compétences aux nutritionnistes du Bénin afin de mieux les outiller dans leur lutte contre la malnutrition. De nombreuses rencontres sur place auprès de ministres, chefs de départements, pédiatres et associations de professionnels ainsi que de multiples séances de travail ont permis bien comprendre les besoins. Eureka! Des solutions concrètes se pointent à l’horizon, et des collaborations durables s’installent afin de mettre en oeuvre un projet pilote de prévention de la malnutrition, inspiré de notre programme québécois OLO,  qui verra le jour et s’étalera sur deux ans. Par la suite, la preuve sera faite non seulement que la prévention par l’intervention nutritionnelle individuelle porte fruit et améliore la qualité de vie mais réduit également la mortalité infantile et les bébés de petits poids. La façon d’aborder le problème de la malnutrition au Bénin s’en verra transformée. Des graines que les missionnaires de NSF sont heureux de semer! Beaucoup de pain sur la planche pour nos volontaires…et aussi énormément de fonds à lever pour rendre ce projet possible.

Impliquer tout le monde dans la lutte contre la faim

La faim, ça concerne tout le monde, pas seulement les nutritionnistes! C’est pourquoi NSF invite tous et chacun à contribuer selon ses capacités. Peu importe l’âge, le métier ou la profession, tout le monde peut contribuer à enrayer la faim par des actions concrètes. NSF est une organisation inclusive qui accueille toute personne qui souhaite faire sa part.

Un effet Boule de Neige

Contrairement à ce que nous pouvons le penser, tout ce que nous faisons pour venir en appui aux peuples émergents produit un réel effet d’entraînement. Traverser l’océan pour aller leur prêter main forte, c’est avant tout leur redonner espoir, et aussi confiance. Sortir de l’ombre aux yeux  des pays développés, les pays d’Afrique n’attendent que ça, car cette solidarité est cruciale. Il faut créer un pont, partager pour leur permettre de se sortir la tête de l’eau.  Et chaque volontaire, ou ‘touriste humanitaire’, change la vie  des gens qu’il rencontre simplement par sa présence, par d’enrichissants échanges et par toutes les richesses intérieures qu’il ramène dans son entourage au pays d’origine.

Faire du bien là ou ca compte vraiment, c’est un virus contagieux, que les missionnaires de longue date appellent le ‘Virus Africanus’! Et ce n’est pas que l’action humanitaire qui fasse du bien. L’Afrique, et les peuples africains bien sur, gagne à être connue pour tant de raisons insoupconnées…

J’ai attrapé ce virus et je voulais contaminer tout le monde autour de moi. Avec toute la générosité et la solidarité dont nous sommes capables au Québec, cela n’a pas été difficile de rallier plusieurs membres à mon retour, des personnes de coeur qui se sont senties interpelées par toute la souffrance que subissent les enfants des pays émergents. Car ces pays se développent rapidement sur le plan touristique ou commercial, mais malheureusement, les mères et les enfants, surtout en dehors des régions urbaines, sont encore laissés pour compte et ne profitent nullement de cet essor. La Coalition leur donne une voie et soutient les professionnels qui ont à coeur d’aider leur pays.

Chacun sa petite part

Tout le monde n’a pas en soi le gène Mere Teresa, ou le portefeuille de Rockefeller. Mais il en faut si peu pour aider beaucoup. Par exemple, avec 25$ canadien, les mères d’une communauté peuvent se procurer 50 poussins de poules pondeuses qui pourront offrir un oeuf par jour à tous les enfants de leur village.

Grâce aux professionnels locaux, le travail se poursuit sur le terrain entre les missions. Il existe toute une  panoplie de mythes sur la nutrition et la croissance à dynamiter en Afrique et l’éducation est la base de la résolution de la malnutrition.

Quand on y réfléchis bien, il est aberrant qu’encore en 2020, avec toute la technologie dont nous bénéficions, qu’autant d’enfants meurent encore de faim aujourd’hui. Nous connaissons toute la cartographie du génome humain. Nous allons dans l’espace. Mais juste de l’autre côté de l’océan, à 20 heures de vol, la mortalité infantile est de un sur deux, sans compter toutes les mères qui meurent en couche. C’est une aberration que Nutrition sans Frontières entend bien faire disparaître.

Vous pouvez en savoir plus sur Nutrition sans Frontières, ses actions et ses prochaines missions? Suivez-nous sur notre page ou voir la section A propos de NSF

Article de Marie-France Lalancette, fondatrice Nutrition sans Frontières