Nutrition et fertilité

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Article par Céline Saloumi, nutritionniste

Envie d’un bébé et d’agrandir votre famille? Si c’est le cas une bonne préparation à la grossesse est essentielle. En effet, La période la plus critique pour le développement du bébé se situe entre la deuxième et la huitième semaine de grossesse, alors que se forment le visage et les organes, tels le cœur et les reins. Ceci dit, certaines phases dans le développement de l’embryon sont déjà entamés durant les trois premières semaines avant même de réaliser qu’une grossesse a lieu. De plus, les habitudes alimentaires peuvent affecter positivement ou négativement la fertilité masculine ou féminine. Il est donc préférable d’adopter des saines habitudes au moment où la décision est prise d’avoir un bébé et ceci est vrai pour les hommes comme pour les femmes.

Voici quelques conseils alimentaires pour les futures mamans :

MAXIMISEZ VOTRE APPORT EN ACIDE FOLIQUE OU VITAMINE B9– cette vitamine est indispensable pour les femmes en âge de procréer. Santé Canada recommande à toutes les femmes qui pourraient devenir enceintes de prendre une multivitamine contenant 0,4 mg d’acide folique chaque jour et de commencer au moins trois mois avant de devenir enceinte. En effet, l’acide folique peut contribuer à réduire le risque d’anomalies du tube neural comme le spina bifida ou l’anencéphalie.
Les aliments riches en vitamine B9 incluent principalement les légumes vert foncé, les légumineuses (haricots secs, pois et lentilles), les légumes orangés et certains produits céréaliers.

ATTEIGNEZ UN POIDS SANTÉ – le poids peut avoir un impact significatif sur la conception. En effet, il est préférablement conseillé d’éviter d’être en surpoids ou un sous poids. Les femmes dont l’indice de masse corporel (IMC) est supérieur à 30 ont plus de troubles menstruels et des cycles anovulatoires que les femmes de poids normal.

Si en surpoids, il vaut mieux de consommer des aliments en modération et de viser une qualité nutritive. La meilleure formule serait de combiner activité physique et saine alimentation. Il est important de noter qu’une perte de poids importante et rapide, provoquée par un régime drastique, peut entrainer des carences alimentaires ce qui n’est pas recommandé avant d’entamer une grossesse.
Si en sous poids, augmentez votre apport énergétique en s’assurant de consommer trois repas équilibrés et des collations santé entre les repas.

OPTEZ POUR LES BON GRAS – ce n’est certainement pas le bon moment pour éliminer ou réduire le gras dans son alimentation. Plus spécifiquement, Il est important d’avoir un apport régulier en oméga 3 qui est un acide gras essentiel au bon fonctionnement de l’organisme et du système reproducteur.
Voici quelques exemples de bonnes sources d’oméga-3 : poisson gras (maquereau, anchois, sardines, saumon), huile de lin, noix de Grenoble, et fruits de mer.

FREINEZ VOTRE CONSOMMATION D’ALCOOL – il est conseillé de réduire ou même d’arrêter la consommation d’alcool à partir du moment où la décision de concevoir est prise. L’alcool est une substance toxique qui passe rapidement du sang de la mère à celui du bébé. Les organes du fœtus étant en plein développement, ils sont particulièrement vulnérables aux produits toxiques, surtout pendant les trois premiers mois de la grossesse.

LIMITER VOTRE CONSOMMATION DE CAFÉINE –les recherches n’ont pas encore établi un lien direct entre la consommation de caféine et la fertilité. Toutefois, l’agence de santé publique du Canada recommande que toute femme en âge de procréer ne consomme pas plus de 300 mg de caféine par jour : l’équivalent de trois tasses de thé ou de deux tasses de café filtre.

Qu’en est-il pour les futurs papas ?
Eh oui! Le comportement alimentaire du conjoint est aussi important. Selon les dernières statistiques, 1 couple sur 6 est infertile ! Dans 20 à 50 % des cas, on retrouve une anomalie de la qualité du sperme ou un facteur masculin d’infertilité. Les données récentes de la littérature identifient un lien entre un IMC élevé (> 30 kg/m2) et une infertilité masculine. En effet, une diminution de la qualité du sperme et une altération hormonale ont été associés à l’obésité masculine.

Plusieurs nutriments semblent également avoir un impact sur la qualité du sperme. Parmi les plus importants :

ZINC : un minéral indispensable pour la spermatogenèse, il exerce un rôle important dans le développement testiculaire et conditionne certaines caractéristiques des spermatozoïdes (concentration, mobilité et vitalité). Les meilleures sources alimentaires incluent : viande rouge, volaille, légumineuses, noix, fruits de mer (particulièrement les huîtres), grains entiers et produits laitiers.

VITAMINE C ET VITAMINE E : ce sont des antioxydants qu’il faut privilégier car ils peuvent améliorer la qualité ainsi que la quantité des spermatozoïdes et même possiblement la qualité de l’ADN du sperme. En effet, plusieurs études démontrent un lien entre la prise d’antioxydants et le traitement de l’infertilité masculine.
Les meilleures sources alimentaires de vitamine C se trouve dans les fruits et légumes colores (poivron, orange, citron, brocoli, pamplemousse…).
La vitamine E est présente surtout dans l’huile de germe de blé et dans les matières grasses comme les noix, l’huile de tournesol et de carthame.

ACIDE FOLIQUE : comme pour les femmes un apport adéquat en acide folique ou vitamine B9 est aussi important pour les hommes. En effet, l’acide folique semble avoir un rôle sur la qualité chromosomique des spermatozoïdes.

En conclusion,
Une alimentation équilibrée et variée peut avoir un impact positif sur la santé reproductive du couple. Plusieurs, de recherche soulignent les bienfaits d’un apport adéquat en vitamines et minéraux pour l’homme ainsi que pour la femme. La meilleure recette pour fonder une famille demeure donc de cuisiner et de de savourer en couple des mets nutritifs et délicieux !