Les repas en famille

0
641

Article par Caroline Ouellet, nutritionniste

«Je n’ai pas faim» «Je n’aime pas ça» «Pas encore ça» ! Pas toujours évident que les repas en famille, encore moins lorsqu’on essaie de contenter tout le monde. Moi qui croyais que le repas en famille représenterait ce moment heureux de la journée où nous nous retrouverions tous pour discuter de notre journée tout en dégustant ce merveilleux repas si tendrement préparé. Mais en réalité, on prend l’énergie qui nous reste et on essaie de préparer un repas sain et équilibré (qui ne l’est parfois pas tant que ça) et on finit par se faire dire que ce n’est pas bon. Il y a de quoi se décourager. Donc option 1 : On jette le tablier ? Option 2 : On prépare un plan B pour satisfaire les éternels insatisfaits ? Non, tout bien réfléchi, je vous suggère l’option 3 : Patience et persévérance.

D’abord, sachez que les repas pris en famille entraînent souvent de meilleurs choix alimentaires, ce qui favorise en soi un poids santé chez l’enfant. De plus, selon les études, les enfants qui s’attablent avec le reste de la famille mangeraient davantage de légumes et de fruits et consommeraient moins d’aliments frits, de sucreries, de collations salées et de boissons gazeuses.

Vous vous dites sans doute que c’est bien beau tout ça, mais est-il possible que le repas reste un moment agréable ? En fait oui, c’est le but escompté !

Voici quelques conseils de base que je donne souvent aux parents :

• Essayez de manger à des heures régulières. Cela peut sécuriser votre enfant et éviter des frustrations inutiles.

• Planifiez les repas à l’avance. Vous serez moins pressés et moins stressés, l’enfant pourra être consulté ou avisé et vous aurez sans doute une meilleure variété.

• Mangez ensemble dans une ambiance détendue, sans distractions (télévision, jouet). Profitez-en pour discuter de choses qui ne sont pas des sources de conflits.

• S’il le faut, prévoyez une petite période d’accalmie et offrez un peu d’attention à votre enfant avant le repas. Il sera ainsi moins enclin à chercher votre attention pendant le repas.

• Respectez l’appétit votre enfant qui peut être variable d’une journée à l’autre. Évitez d’imposer des quantités à manger. Les enfants savent généralement respecter leurs signaux de faim et satiété. Comme parent, vous êtes responsable du choix des aliments, du moment des repas et de l’endroit où les repas se prennent. L’enfant lui, est responsable de la quantité ingérée.

• Utilisez le renforcement positif. On félicite le bon comportement à table, comme l’effort fait pour goûter un nouvel aliment. À l’inverse, on ne passera pas de remarque si l’enfant a tout mangé.

• Donnez l’exemple. Goûtez de nouveaux aliments. Qualifiez les aliments à voix haute (bon, savoureux, sucré, croustillant).

Il est possible que votre enfant refuse systématiquement plusieurs aliments. Rien ne sert de se blâmer ou de lutter. Il faut savoir que dès l’âge de 2 ans, plus de la moitié des enfants passeront par un stade de néophobie alimentaire, c’est-à-dire qu’ils démontreront une réticence à goûter à des aliments méconnus. Les refus seront fréquents, parfois irritants. Ne forcez pas un enfant à manger, invitez le plutôt à goûter et respectez- le s’il refuse. La prochaine fois sera peut-être la bonne. Ne vous découragez pas, plus d’une quinzaine d’expositions peuvent être nécessaires. Les batailles aux repas peuvent affecter négativement la relation que votre enfant aura avec la nourriture. Évitez donc les conflits.

Une des premières choses que je vous suggère c’est d’impliquer vos enfants dans la planification et la préparation des repas. Pourquoi ne pas les inviter à faire l’épicerie avec vous ? Ils auront des responsabilités et pourront y choisir des aliments de leur choix (un aliment par groupe alimentaire par exemple). Invitez les aussi à participer à la planification des repas; choisir une thématique ou choisir la couleur du légume d’accompagnement, la forme, la cuisson.

Lorsque le temps vous le permet (et idéalement avant de faire la corvée de ménage), faites la cuisine avec eux ! Les enfants, même très jeunes, aiment toucher, mélanger, laver les aliments. Inévitablement, le poivron qu’ils auront coupé sera bien plus appétissant !

Finalement, intégrez un nouvel aliment à la fois, offrez-le en petite quantité et complétez l’assiette avec des aliments déjà acceptés. La nouveauté sera moins effrayante et l’enfant pourra manger les aliments appréciés s’il refuse de goûter. Inutile de préparer un plan B.

N’oubliez pas que par ces repas en famille et une attitude positive, vous transmettez à votre enfant un héritage qu’il pourra conserver pour le reste de sa vie: de bonnes habitudes alimentaires et une saine relation avec la nourriture !

Pour rejoindre Caroline Ouellet, suivez sa page Facebook !