Comment faire de son enfant un bon mangeur?

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Article par Jessika Roy, nutritionniste

 

Favoriser une saine relation avec la nourriture chez son enfant c’est l’aider à manger varié et à devenir curieux envers les aliments. Cela va le suivre tout au long de sa vie. Et c’est petit à petit que l’oiseau bâtit son nid. Alors voici six pratiques que vous pourrez adopter graduellement pour l’atteindre cet objectif.

Montrer l’exemple

C’est le travail d’un enfant d’imiter son environnement. Sans donner aucune consigne, vous fournissez à votre enfant la base de ses habitudes alimentaires simplement en faisant vous-même ce que vous souhaitez qu’il fasse. Vous aimez les légumes? Il a de meilleures chances de les aimer. Vous mangez en vitesse debout sur le bord du comptoir? Il accordera lui aussi peu d’importance aux repas. Pour modifier le comportement d’un enfant, la meilleure approche est souvent de modifier ou d’amplifier son propre comportement. Par exemple, si vous souhaitez stimuler votre enfant à bien manger, régalez-vous en disant souvent tout haut « Mais comme c’est bon!»

Manger en famille

Les enfants qui mangent accompagnés mangent mieux. Premièrement parce qu’ils ont ainsi accès à une alimentation plus complète et plus variée, et deuxièmement parce qu’ils mangent plus souvent dans un climat agréable. Troisièmement, c’est le meilleur moment pour communiquer et montrer de l’intérêt pour votre enfant. Les enfants ne sont pas différents des adultes sur ce point, manger seul est ennuyeux et ne développe pas chez eux le goût de bien s’alimenter.

Donner le « goût » de bien manger

Les enfants mangent ce qu’ils trouvent bon au goût et pas parce que «c’est bon pour la santé». Manger varié se fait graduellement à force d’offrir des aliments goûteux. Notre façon d’en parler influence aussi les enfants. Par exemple, vous pouvez valoriser le bon goût des aliments sains que vous aimez en disant : « Miam, que c’est bon! »  Vous pouvez aussi développer les capacités sensorielles de votre enfant en lui demandant souvent d’exprimer ses préférences: « Préfères-tu les carottes crues ou cuites? Quel est ton fruit préféré? Aimes-tu le pain aux raisins? Moi j’adore! »

Assurer une stabilité

La routine permet de s’éviter bien des discussions. Si à chaque début de repas, on ferme la télé avant de s’installer à table, on n’a pas besoin d’expliquer à son enfant que l’on ne regarde pas la télé en mangeant, car cela s’est toujours fait ainsi. Si on mange les repas sensiblement toujours à la même heure, la faim se fera sentir naturellement lorsque le repas approche. Répétez les mêmes gestes et les mêmes horaires constituent un cadre rassurant pour votre enfant.

Faites confiance aux signaux de faim et de satiété

La faim varie d’une journée à l’autre, d’une personne à l’autre. Aucun adulte ne peut prédire ce que sont les besoins de son enfant à un moment précis. Il n’y a que les signaux internes de faim et de satiété de l’enfant qui soient une information pertinente et fiable à cet égard. Ce signal est présent dès la naissance. En lui apprenant à s’écouter, par exemple en respectant son choix d’arrêter de manger, il développe une confiance en son propre jugement qui le guidera toute sa vie. Il saura ainsi s’arrêter quand son corps n’en a plus besoin. Pour l’aider à reconnaître sa satiété, vous pouvez lui demander : «Comment va ton bedon ? Est-ce qu’il est rempli ?» Voici d’autres indicateurs de satiété  si votre enfant est encore tout petit ; il commence à jouer avec sa nourriture, à perdre intérêt ou à ne plus ouvrir la bouche. Il peut aussi prendre de grandes respirations, comme s’il était essoufflé.

Privilégier l’essai-erreur

Évaluer son niveau de faim et se servir une portion qui reflète sa faim est un apprentissage. Tout comme d’autres apprentissages,  il se peut que votre enfant évalue mal sa faim et ne puisse pas tout manger ce qu’il se sera servi. Ce n’est qu’en persévérant qu’il apprendra à mieux juger sa faim et en ayant le droit de faire des erreurs, c’est-à-dire de ne pas tout consommer. Que votre enfant soit capable de réaliser qu’il s’est servi une trop grande portion et de laisser l’excédent est déjà en soi un succès dont plusieurs adultes sont incapables. Ce n’est qu’en donnant ce droit à l’erreur et en encourageant la rétroaction que vous favoriserez une bonne écoute des signaux corporels.

Certains obstacles vous bloquent pour mettre en pratique ces conseils ? La réalité est différente d’une famille à l’autre alors n’hésitez pas à me contacter pour trouver des solutions durables et adaptées à votre réalité!