Mes enfants peuvent-ils faire la cuisine ?

0
595

Article par Lyne Bourbonnais, nutritionniste

Il va sans dire que pour la plupart d’entre nous, la préparation des repas est une tâche de plus dans nos vies surchargées. En arrivant de travailler, ne devons-nous pas jongler avec la fatigue de la journée, notre marmaille affamée, les devoirs, leçons et les diverses communications des enseignants, les papiers à signer, les bains à donner, alouette! Tout un contrat pour les familles, disons que nous avons connu des 5 à 7 moins stressants!

En 2011, Extenso, le Centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal a mis sur pied l’initiative « Tout le monde à table« . L’objectif principal était d’obtenir plus de renseignements sur le déroulement du repas du soir chez les familles québécoises. Les résultats démontraient, entre autres, qu’à 17h00, 44% des ménages n’ont aucune idée de ce qu’ils serviront à leurs enfants pour souper, et ce, 3 fois et plus par semaine.
Ouf! Est-ce votre cas?

Que pouvons-nous faire pour remédier à cette situation? Premièrement, une bonne planification est essentielle, mais aujourd’hui, je tenterai de vous convaincre d’inviter vos enfants à vous aider lors de la préparation des repas! Évidemment, cela peut être un peu plus long et le risque de dégâts est augmenté, mais dites-vous qu’avec le temps, leur dextérité s’améliorera et la cuisine sera alors un jeu d’enfant! D’ailleurs n’avez-vous pas remarqué que lorsque les enfants mettent la main à la pâte, la bonne humeur n’est jamais trop loin? De plus, l’initiative « Tout le monde à table » a constaté que 8 enfants sur 10 aimeraient cuisiner davantage. Qu’attendons-nous pour impliquer les enfants dans les tâches quotidiennes reliées aux repas?

L’alimentation prenant une place très importante dans nos journées bien remplies, je vous propose donc de joindre l’utile à l’agréable en enseignant à vos enfants les premiers pas en cuisine. Profitez du fait que vos enfants sont des éponges et qu’ils apprennent en imitant pour donner un coup de pouce à leurs compétences culinaires, ce faisant vous leur donnerez la chance:

● de développer le plaisir de cuisiner
● d’éveiller leur créativité
● d’exercer leur motricité fine
o d’inclure, pour les plus vieux, la lecture et les mathématiques à une activité de tous les jours.
o Bonus: ils ne pourront plus vous dire que les fractions, ça ne sert à rien!
● de susciter leur intérêt pour les sciences
o la cuisine c’est de la chimie (ex.: la cuisson provoque la coagulation des protéines de l’œuf)
o mais c’est aussi de la physique, par l’observation de la gravité (ex.: un œuf, de la farine, de l’huile qui tombent dans un bol), sans oublier les changements d’état de la matière (ex.: l’eau qui passe de liquide à gazeux ou la dissolution du sucre dans un liquide)
● d’augmenter leur l’estime de soi
o votre enfant sera tout content de dire à votre douce moitié ou à ses grands-parents: c’est moi qui l’ai fait!
● d’être plus réceptifs à goûter de nouveaux aliments et de s’initier à de nouvelles saveurs
● de s’assurer d’une certaine autonomie culinaire et alimentaire
o ils vous remercieront plus tard de ne pas être dépendants des restaurants et des mets préparés!

Bref, vos enfants apprendront une foule de choses sans avoir l’impression d’apprendre. En prime, en valorisant les compétences culinaires, vous vous apercevrez que vos enfants auront tendance à faire de meilleurs choix alimentaires et à adopter de bonnes habitudes alimentaires.

Quelques trucs pour impliquer vos jeunes à la préparation des repas

L’organisation demeure le meilleur moyen pour réussir cette agréable activité parent-enfant. Et surtout, ne vous imposez pas de règles strictes telles que mes enfants doivent participer à la préparation des repas tous les jours ou lorsque je lui montre une technique il est censé la savoir pour le reste de sa vie!

Choisissez un bon moment pour cuisiner (une journée de congé ou la fin de semaine peuvent être de bons choix pour commencer)
Voyez l’intérêt de votre enfant, s’il n’est pas intéressé mieux vaut reporter l’activité à un autre jour!
Sentez-vous à l’aise avec la recette choisie et allez-y avec des valeurs sures pour commencer!
Prévoyez un peu plus de temps qu’à l’habitude, mais pas trop pour ne pas perdre l’attention des plus jeunes. Vous verrez qu’avec la pratique et l’acquisition de nouvelles compétences, la gestion du temps se fera plus facilement.
Approchez un tabouret ou une chaise près du comptoir pour que les enfants soient à la bonne hauteur et confortables pour cuisiner. Cela dit, il n’est pas interdit d’utiliser la table de cuisine et même la chaise haute pour les plus jeunes!
Utilisez les ustensiles appropriés
Soyez calme, de bonne humeur et éloignez toutes sources de stress
Soyez tolérant et acceptez les petits et grands dégâts. Sachez qu’avec l’expérience il y en aura de moins en moins de dégâts
Établissez certaines règles de sécurité dès le départ (ex.: lavage des mains avant de commencer; les couteaux restent sur la table s’ils ne sont pas utilisés; on reste calme en tout temps, etc.)
Si en cours de route votre enfant se défile, ne vous fâchez pas, mais faites-lui comprendre que vous devez terminer la recette, que ce soit avec ou sans lui. Félicitez-le sur ce qu’il a accompli durant cette activité

Surtout, n’oubliez pas de déguster la recette avec vos enfants et soyez ouvert à leurs commentaires. C’est possible qu’ils adorent, mais c’est aussi possible qu’ils n’aiment pas. N’en soyez pas offusqués, profitez du moment pour leur demander qu’est-ce qu’ils aiment ou n’aiment pas et que feraient-ils pour améliorer la recette, pour la rendre meilleure.

Vous ne savez pas par où commencer, j’offre des ateliers de cuisine à domicile, adapté à l’âge de vos enfants, dans la région de Montréal, n’hésitez pas à me contacter par courriel à : lyne.nutrition@gmail.com

Dans mon prochain article, nous discuterons des différentes tâches que peuvent faire les enfants selon leur âge !

Références:
1 Extenso, (2011). Tout le monde à table-Rapport national sommaire. [En ligne]. http://www.quebecenforme.org/media/33868/rapporttoutlemondeatable.pdf (page consultée le 23 janvier 2017)