Alimentation et économie: L’alimentation en mutation

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Nous sommes à cet instant extraordinaire où  longévité, santé, technologie, informations, qualité de vie, habitat, éducation, énergie, environnement, alimentation,  sont en mouvance. Alimentation et économie sont plus que jamais à l’ordre du jour.

On parle de robotisation, d’économie de partage, de consommation locale mais d’appartenance à un globe, d’énergie recyclable dans des écosystèmes équilibrés et autosuffisants, de maisons moins polluantes et pour tous, d’avancées majeures sur les maladies et le vieillissement, de l’importance de réunir expérience et savoir en combinant mentorat et pratique sur le terrain.

Les avancées technologiques sont si rapides et les enjeux si nombreux que nous avons besoin les uns  des autres afin de partager connaissances, idées et savoir-faire. Quel que soit notre âge et nos préoccupations… ce siècle a besoin de nous tous avec nos expériences, nos actions et nos rêves!

Oui nous sommes dans l’ère du tout-possible et pour l’appréhender, l’être humain se doit de mieux connaître les possibilités et ressources de son corps et de son esprit afin que les avancées des prochaines années restent palpitantes et nos vies y trouvent leur équilibre!

Dans cet esprit les déséquilibres de nos moyens de production alimentaire, les modèles de distributions et de consommations sont à repenser.

Consommer bio

Les aliments biologiques représentent 5 % de la consommation mondiale. Le marché mondial pour les produits certifiés biologiques connaît une croissance continue. Il est passé de 35 milliards en 2006 à près de 100 milliards en 2016.  Deplus, il y a une progression des ventes en bio dans les points de distribution (épiceries, marchés) d’environ 10 % par année depuis 10 ans.

1 Québécois sur 2 consomme des aliments biologiques, et 20 % le font sur une base quotidienne. Les  magasins spécialisés, les grandes surfaces développent ce créneau et cherchent de plus en plus de fournisseurs afin de répondre à la demande.

Selon la première rencontre annuelle en mai 2019 des partenaires de la politique bioalimentaire 2018-2025 4,1 milliards (G$) de dollars ont été investis en 2018 pour la production biologique agricole, aquacole, pour les pêches et pour la transformation de ces secteurs. Le montant représente une augmentation de 26%, en comparaison avec la somme allouée pour les trois années précédentes. L’objectif est d’investir 15 G$ d’ici 2025.

Avec la superficie cultivée en bio qui est passée de plus de 72 000 ha en 2017 pour atteindre 84 057 en 2018.L’objectif ambitieux de doubler la superficie québécoise en production biologique, en atteignant 98 000 hectares (ha) d’ici 2025, pourrait devenir réalité deux années plus tôt que prévu. La réalisation d’augmenter les achats de produits bioalimentaires pour les faire passer à 10 G$ d’ici 2025 évolue également au rythme espéré; le total est passé de 25,6 G$ à 27,9 G$, en un an.

Instaurer la permaculture 

La permaculture s’inspire des processus de la nature pour aller dans leur sens. Cela semble d’autant plus pertinent que l’empreinte écologique des humains sur la Terre est telle qu’il faut repenser les modèles d’utilisation des ressources. Depuis 1986, la consommation des humains dépasse les capacités de la Terre à renouveler les ressources.

L’éthique de la permaculture a pour principes le respect de la terre, le souci des gens, le partage équitable des ressources pour les humains et les animaux.

Il est souhaitable que des ressources soient affectées au soutien de la permaculture, car ce mode de fonctionnement représente un changement important des connaissances, des pratiques agricoles et des modèles économiques

Consommer autrement

La biocapacité de la Terre n’est pas infinie. Si nous continuons à vivre comme nous le faisons actuellement, nous aurons besoin de 2 planètes Terres en 2030 pour subvenir aux besoins du monde , calcule l’organisme Global Footprint Network.

Alors comment consommerons-nous à l’avenir?

4 scénarios d’avenir sont possibles pour l‘alimentation selon le blogue Alternatives économiques et citées ici  :

  • Scénario 1 : les dépenses énergétiques liées à la digitalisation et au transport des aliments freinent le développement du numérique et favorisent le sourcing local, et les préoccupations environnementales et sociétales prennent le pas sur tout le reste. Il s’agit d’un monde dans lequel l’approvisionnement alimentaire se fait localement, d’aliments bio, avec un développement agricole périurbain et des ventes directes par les producteurs de produits peu transformés. Les méta-systèmes et la « plateformisation » sont ralentis par les coûts et l’éthique (propriété des données).
  • Scénario 2 : si en revanche, toujours dans l’optique de dépenses énergétiques prises en compte, les inquiétudes et inégalités perçues de pouvoir d’achat conduisent à un maintien d’une offre alimentaire à bas coût de mauvaise qualité environnementale et sanitaire par la distribution de masse, alors on pourrait voir le développement de petits supermarchés appartenant aux grands de la Grande Distribution, s’approvisionnant localement en jouant de leur pouvoir de négociation pour casser les prix, avec une transformation alimentaire bas de gamme.
  • Scénario 3 : au contraire, si le numérique se développe sans frein énergétique dans tous les maillons de la chaine de valeur et que les coûts de transports ne freinent pas la logistique fine et personnalisée, et qu’en même temps les préoccupations environnementales et sociétales prennent le pas sur tout le reste, on pourrait assister au développement de la foodtech, des start-ups de service et de conseils diététiques, poids fort des gros acteurs du big data, développement de l’équipement culinaire connecté, les méta-systèmes et la « plateformisation » se développe avec nécessité d’une protection accrue des données personnelles.
  • Scénario 4 : si en revanche, les inquiétudes et inégalités perçues de pouvoir d’achat conduisent à un maintien d’une offre alimentaire à bas coût de mauvaise qualité environnementale et sanitaire par la grande distribution, alors on verrait le développement de grands acteurs du numérique type Amazon qui pourraient prendre en charge la distribution de produits importés et transformés, à bas prix et avec une livraison au plus près, ou pourrait voir se multiplier des start-up de comparaison d’offre, de plateformes d’échange et de regroupement. »

Ces scénarios plutôt contrastés ne favorisent pas le développement des mêmes types d’entreprises. Ainsi le premier scénario favorise plutôt les marques de terroir, ancrées localement, ayant mis en avant la qualité et la traçabilité, capables de travailler avec une logistique locale alors que le second scénario se traduit par le développement d’entreprises ayant toujours travaillé avec la grande distribution, capables de faire des Marques de Distributeurs en maîtrisant leurs coûts. Le troisième scénario est plus favorable aux start-ups de la Food Tech, très entrepreneuriales, dans le service et la logistique, capables de traiter le big data travaillant en collaboration avec des PME locales capables de prendre en charge la production. Enfin le quatrième scénario est globalement plutôt défavorable aux PME de la transformation, mais favorable à des start-ups d’applications et de traitement de big data.

Ce qui nous amène à réfléchir à des questions importantes sur les modèles d’affaires des entreprises agroalimentaires et leur capacité à développer de nouvelles opportunités en termes d’innovation.

L’émergence du  « NO RETAIL »

La génération du millénaire et l’avènement d’habitudes d’achat plus avisées poussent les Canadiens à consommer avec modération, à adopter l’économie du partage, à privilégier les produits plus sains et à renoncer à toute fidélité aux marques.

L’industrie alimentaire vit actuellement un changement majeur : les consommateurs dépensent désormais plus pour des expériences que pour des produits.

Dans le monde, pour répondre à cette tendance Whole Foods Market de Bryant Park à Manhattan ou Eataly à Bologne ou Alibaba avec  Hema Fresh offre des magasins d’un nouveau genre dans lesquels les clients peuvent par exemple acheter des ingrédients, les faire cuisiner par un chef et les déguster sur place(ou les ramener chez eux).

C’est une petite révolution dans le secteur alimentaire qui modifie le parcours client. Hier, les clients qui se rendaient en magasin achetaient des produits, et rentraient chez eux pour les cuisiner à la maison. Aujourd’hui, dans ces magasins de nouvelle génération, les clients consomment immédiatement des produits qu’ils viennent d’acheter.

Pollution, gaspillage, emballage, circuits courts, urbanisation, vieillissement des populations, éducation, sensibilisation, intelligence artificielle sont autant de nouvelles réalités qui impacteront les modèles de consommations futurs.

Nous vivons dans un monde en mouvance, où les changements se font plus rapidement et plus profondément que jamais. Les nombreuses innovations dans les différents secteurs influencent fortement les modes de consommation et transforment alors le secteur de l’industrie alimentaire de façon très profonde.  Les joueurs de l’alimentation qui seront gagnants seront-ils ceux qui donneront envie aux consommateurs de revenir encore et encore par leur philosophie écoresponsable et humaine?