Annie Caron

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Annie Caron, nutritionniste, membre du comité exécutif

Diplômée de l’Université Laval, à Québec, en décembre 2017, j’œuvre depuis plus d’un an comme diététiste-nutritionniste à la fois en milieu clinique et communautaire au sein du Conseil cris de la santé et des services sociaux de la Baie-James. Ainsi, mon travail me permet de travailler au sein d’une communauté autochtone du Nord du Québec, expérience incroyablement enrichissante.

Pourquoi travailler avec les Premières Nations

J’étais encore étudiante lorsque j’ai développé un grand intérêt pour la culture, l’histoire et les enjeux actuels qui touchent les premières Nations de mon pays. Réalité complexe, à la fois belle et bouleversante, elle demeure encore malheureusement trop méconnue du reste du Canada. Ainsi, à cause de cette nouvelle passion développée durant mes études, je tenais énormément, une fois diplômée, à travailler avec et pour une communauté autochtone du Canada.

La réalité des Premières Nations du Québec et du Canada

Les conditions de santé physique et nutritionnelle des autochtones du Canada est bien complexe et malheureusement inquiétante. On y retrouve des problématiques de santé telles que l’insécurité alimentaire, la dénutrition, l’obésité, la malbouffe, le diabète de type II, l’hypertension artérielle, la sédentarité, les maladies rénales et hépatiques en pourcentage beaucoup plus élevé chez les autochtones et apparaissant beaucoup plus précocement que le reste de la population canadienne. Ainsi, non seulement la santé des adultes est menacée mais encore plus celle des nouvelles générations. Pourquoi cette réalité existe-t-elle en 2019 au Canada? En fait, c’est une problématique bien complexe et donc liée à de nombreux facteurs. On pourrait en citer plusieurs mais les principales causes sont essentiellement la position géographique d’une grande partie des communautés autochtones qui les isole des grands centres et limite ainsi l’accès aux aliments sains et abordables, la transition alimentaire drastique que ces peuples ont dû traverser suite à leur sédentarisation forcée par les politiques colonisatrice canadiennes ainsi que les conséquences destructrices du génocide culturel vécus par ces derniers suite à l’histoire sombre des pensionnats autochtones.

Le Bénin, une histoire d’amitié, une nouvelle réalité bouleversante

Le BAC en nutrition aura marqué ma vie sur bien des plans. Non seulement j’y aurai découvert le milieu de pratique dans lequel je désirais œuvrer, mais aussi j’y aurai développer une belle et précieuse amitié avec nulle autre qu’une béninoise. Ces donc grâce à cette bonne amie que j’ai eu envie de visiter le Bénin. Et comme la vie ne fait rien au hasard, une bonne journée de l’automne 2018, je suis tombée sur une page Facebook de la coalition Nutrition sans frontières. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert que cette ONG regroupant des nutritionnistes passionnées et engagées, oeuvrait principalement dans le pays de mon amie et avait comme objectif premier de promouvoir la sécurité alimentaire pour tous? Devant moi se présentait donc le prétexte ultime pour planifier un séjour au Bénin et avoir la chance de passer une partie de mon séjour à travailler avec les nutritionnistes de là-bas.

Ainsi j’aurai pu non seulement découvrir une culture fascinante, un peuple (et un climat) chaleureux, attachant et fort, et un territoire à couper le souffle… mais j’aurai aussi eu le privilège d’échanger avec des nutritionnistes béninoises et béninois vraiment compétents, et de mieux connaître les enjeux nutritionnels avec lesquels ils doivent jongler au quotidien, enjeux vraiment pas si loin de ceux rencontrés dans les communautés autochtones du Canada lorsqu’il est question d’insécurité alimentaire mais aussi de résilience.

Depuis, je ne peux que vouloir continuer à m’impliquer au sein de la coalition, organisme dont les actions premières visent la justice alimentaire sans frontière!

 

Heureusement, les Premières Nations demeurent des gens résilients et forts, ce qui leur permet de trouver de plus en plus la force de se guérir et de prendre leur santé et celle de leurs jeunes en main.