La Coalition Nutritionnistes Sans Frontières: Mission Bénin!

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par Marie-France Lalancette,  Nutritionniste Sans Frontières

Il n’a fallu que de quelques semaines d’exploration pour voir à quel point une coopération Québec-Bénin pour lutter contre la malnutrition pouvait changer les choses.

J’achève ma troisième semaine de mission humanitaire. Une autre nutritionniste me succèdera. En trois semaines à représenter notre Coalition, j’ai pu faire le tour des principaux enjeux et en venir à des solutions concrètes, qui ont été entendues auprès de décideurs, incluant des ministres. Je suis tombée dans le mille. J’avais même accès à la présidence! Ici les petites actions isolées ne servent à rien. Il faut voir grand! J’ai tiré profit d’une qualité exceptionnelle des béninois : ils sont très accueillants et toujours disposés à rencontrer des canadiens, peu importe leur niveau décisionnel. Et actuellement, la volonté politique est là, et la priorité de ce gouvernement, c’est la santé. Ils sont donc très ouverts aux idées, contrairement à ce que j’aurais pensé. Avant de partir, j’avais peur d’y venir pour rien. Aujourd’hui, c’est tout le contraire, j’ai peur de ne pas suffire à la tâche!

Je croyais avoir à défoncer des portes. Pas du tout. De rencontres en rencontres, le travail s’est fait tout seul. Amener de nouvelles idées, démontrer notre intérêt, créer un pont entre le Québec et le Bénin n’est pas si compliqué que ça. Bien sûr, grâce à une planification efficace d’ABB International, un circuit de rencontres auprès de personnes d’influence a permis de propulser la Coalition Nutritionnistes Sans Frontières en avant afin qu’elle soit entendue aux bons endroits.

Ainsi, dans un avenir rapproché, nos propres modèles québécois pourront être adaptés au Bénin afin d’instaurer des programmes de prévention de la malnutrition. Les discussions avec ABB, les dirigeants et les nutritionnistes béninois ont permis de constater que, pour se sortir du gouffre de la malnutrition, le Bénin a besoin avant tout  :

-D’utiliser à bon escient sa main d’œuvre qualifiée que représente les nutritionnistes : L’Etat doit redonner aux nutritionnistes (de grade universitaire) le rôle qui leur revient et leur créér des postes. Graduellement ils pourront remplacer les pseudo-nutritionnistes formés par les ONG qui ne font qu’exécuter des consignes sans ne faire d’évaluation nutritionnelle. Il n’y a aucune personnalisation du plan de traitement au Bénin car les acteurs qui oeuvrent en malnutrition n’ont pas de compétences cliniques.

-De formation : Les nutritionnistes du Bénin doivent élargir leur pratique à la nutrition pédiatrique et renforcir leurs compétences cliniques pour bien les préparer à la mission qui les attends : devenir les maîtres d’œuvre des programmes de lutte contre la malnutrition.

-D’éducation et de sensibilisation : Rendre visible les nutritionnistes sur un portail d’envergure comme celui dont le Québec s’est doté grâce à Passeport Nutrition permettra aux nutritionnistes d’éduquer sa population et de changer les mentalités des gens, car comme source d’information en nutrition, c’est actuellement WhatsApp qui a la cote au Bénin.

-De modèles : Les centres hospitaliers sont en place, ainsi que les centres communautaires de santé. Mais ils n’ont pas de repères pour savoir bien opérer. En créant des unités modèles dans des centres de soins stratégiques, les nutritionnistes pourront s’auto-former par la suite et développer leur expérience terrain et apprendre à collaborer (et aussi se faire accepter) des équipes médicales.

-D’équipement : Tous ces centres sont mal équipés pour faire le dépistage et le suivi de la malnutrition. Les moyens devraient être à la fine pointe vu l’ampleur du problème, mais au contraire. C’est l’âge de pierre. Ils n’ont pas idée à quel point ils sont démunis car ils n’ont jamais vu ce qui se fait ailleurs. Il suffit de leur apporter un exemple et de créer des unités modèles qu’ils pourront reproduire à la grandeur du pays pour les lancer sur la bonne piste.

-De technologies alimentaires de base: Toutes les ressources s’envolent vers l’exportation parce qu’ils n’ont pas de moyens de conservation. Ils ont été tenus à part du progrès technologique qui aurait pu assurer leur développement depuis bien longtemps, mais malheureusement, les pays occidentaux envoient au Bénin leurs équipements désuets, qui fait que tout finit par tomber en ruine et les initiatives de santé sont abandonnées.

Quand vous soutenez la Coalition, vous permettez le transfert de connaissances mais aussi le transfert technologique, par l’entremise de nos nutritionnistes coopérantes qui viennent implanter des programmes durables. Vous aidez à financer un équipement digne de ce nom pour outiller les centres de soins à lutter efficacement contre la malnutrition. 100% de cette aide concrète se rend aux mères et aux enfants, et non pas aux infrastructures.

Il faut unir ses forces maintenant car la malnutrition continue de se chroniciser alors  qu’elle devrait avoir été résolue depuis des lunes.

Merci de votre appui!

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