Alimentation locale : supporter nos producteurs d’ici pour contrer la hausse des prix

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Man picking produce in greenhouse

Article par Laurie-Anne Patenaude, nutritionniste

En tant que nutritionniste, je m’efforce de toujours rester à l’affut des tendances, tout spécialement lorsqu’une nouvelle année s’amorce. Alors que la plupart d’entre nous s’affairent à développer des résolutions, qui espérons-le, donnerons lieu à des changements durables plutôt qu’éphémères, les spécialistes s’intéressent aux grand mouvements qui affecteront notre environnement alimentaire dans l’année à venir.

Publié annuellement, le rapport des prix des aliments est un outil intéressant qui donne une vue d’ensemble du système alimentaire et explore comment différents facteurs affectent les prix de nos aliments, allant du climat politique aux changements climatiques.

Les prédictions pour l’année 2017 ne sont guère réjouissantes. Tandis qu’en 2015, le rapport avait prédit que le panier d’épicera coûtera en moyenne 340$ par année, le même panier en coûtera environ 420 en 2017. Bien que le Québec ne sera pas la province la plus dûrement touchée, il vaut quand même mieux faire preuve de prudence dans les dépenses et adopter des habitudes qui bénéficieront non seulement votre portefeuille mais votre santé, l’économie et le paysage agro-alimentaire Québécois.

Les produits locaux sont subirons pas la même hausse de prix. Pourquoi ? Bien que ceux-ci peuvent être légèrement plus dispendieux (tout dépendant de la provenance et du temps de l’achat), leur prix demeure toutefois inchangé. En adoptant une alimentation locale, on est moins susceptibles à la hausse de prix et on encourage les producteurs d’ici. Une solution gagnante à tout coup !

 Votre santé :

 Avez-vous déjà visité un des nombreux marchés publics du Québec ? Les étalages de ceux-ci débordent de produits frais qui séduiront vos papilles gustatives. Faites-en une activité familiale et faites découvrir à vos enfants l’abondance de fruits, légumes et autres produits locaux qui s’y trouvent. Une bonne façon de  rendre le tout encore plus agréable est de demander à chaque membre de la famille de choisir un aliment inconnu une fois de retour à la maison, on s’amuse à trouver une façon originale de l’apprêter. Une belle façon de stimuler la créativité de tous tout en diversifiant notre alimentation.

Des études préliminaires tentent de démontrer que les produits locaux et biologiques peuvent être légèrement plus nutritifs, le plus court transport permettrant de mieux préserver les vitamines et contenant moins de pesticides. Bien que la science n’est pas unanime à ce sujet et que consommer des fruits et légumes dépasse est largement plus bénéfique que l’ingestion d’une quantité néglibable de pesticides, il n’en reste pas moins que les produits sont nettement plus goûteux et  savoureux. De plus, avoir la chance d’interragir directement avec le producteur nous permet d’en savoir d’avantage sur l’aliments, nous permet d’apprendre comment l’apprêter et le conserver pour préserver le goût des aliments mais favorise le sentiment d’appartenance dans la communauté.

 L’économie et l’environnement :

 Le Baromètre de la consommation responsable, un outil fort utile nous permettant d’évaluer les habitudes de consommation des québécois et d’évaluer celle-ci en accordant un indice de consommation nous indique qu’en 2016,  nous avons augmenté l’indice de 2.1 points depuis 2010!  Ce que ce rapport nous apprend également, c’est que les consommateurs désirent ‘’revoir leur mode de vie et leur consommation’’, ‘’désirent se diriger vers des produits plus naturels’’ et  ‘’fabriquer leur propres produits au lieu de les acheter’’.

La bonne nouvelle est qu’en s’intéressant davantage à la provenance des aliments et aux particularités propres aux produits du terroir, on en apprend sur la façon dont l’aliment a été produit et on devient donc plus conscient de l’impact de nos choix, ce qui nous permet de prendre une décision d’achat en fonction de nos valeurs et nos motifs personnels. Les aliments font en moyenne un trajet de plus de 2500 km pour se rendre à notre assiette. En achetant local, on diminue la quantité de gaz à effet de serres reliés au transport des aliments et on s’assure un maximum de fraicheur !

 L’important est d’y aller graduellement et d’impliquer toute la famille. De petits changement peuvent exercer un impact significatif à long terme car selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), si chaque consommateur achetait pour 30 $ de plus de produits québécois par année, les retombées sur l’économie québécoise seraient de l’ordre un milliard de dollars de plus en cinq ans.


Votre portefeuille : des économies de taille

 Adopter une alimentation locale aura des répercussions positives sur votre portefeuille. En achetant des produits saisonniers, on obtient non seulement un produit frais, nutritif et savoureux à souhait mais un produit plus économique. Pensez au coût abordable des petits fruits en été comparativement à l’hiver, des tomates fraiches qui feront de délicieuses sauces et conserves en automne, aux pommes croquantes que nous apporte l’automne et aux courges douces et sucrées disponibles en hiver. Votre menu sera plus varié, vous permettra de découvrir de nouvelles recettes et façons d’apprêter les produits de chez nous mais allègeront la facture.

Vous êtes prêts à passer à la prochaine étape ? Voici quelques ressources pour savoir ou vous trouverez des aliments locaux dans votre région :

Équiterre : Réseaux des fermiers de famille : http://www.equiterre.org/projet/reseau-des-fermiers-de-famille

Aliments du Québec : https://www.alimentsduquebec.com/fr/

Association des marchés public du Québec : http://www.ampq.ca/

 

Références :

Entrevue avec Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université de Guelph et un des auteur du rapport sur les prix alimentaires à la consommation.

Baromètre de la consommation responsable édition 2016, Observatoire de la consommation responsable, UQAM

Rapport sur les prix alimentaires à la consommation, édition 2017